Un cheval détendu raconte la vérité d'un lien. C'est cela que je viens photographier.
Une belle photo équestre ne se décrète pas, elle se prépare en douceur. Voici comment mettre votre cheval, et vous, dans les meilleures dispositions pour que la complicité se voie.
Ce que je cherche dans une séance équestre, ce n'est pas un cheval impeccable au garde-à-vous. C'est votre histoire commune, cette manière qu'il a de tourner la tête vers vous, ce geste de la main que vous faites sans même y penser. Pour que cette vérité-là apparaisse, mieux vaut un cheval serein qu'un cheval parfaitement toiletté mais tendu.
Côté pansage, faites simple et soigné. Une crinière démêlée, une robe propre, des sabots brossés suffisent amplement. Inutile de sur-graisser ou de tout lustrer, la lumière de fin de journée se charge du reste. Si vous tressez, faites-le le jour même pour que ce soit net. Et prévoyez une longe et un licol discrets, voire un filet sobre, plutôt que du matériel trop voyant qui attire l'œil.
Pensez à l'état d'esprit de votre cheval autant qu'au vôtre. Choisissez un moment où il est calme, idéalement après le travail ou une sortie, jamais juste avant le repas quand l'impatience le gagne. S'il est jeune ou anxieux, on commencera doucement, au licol, dans un coin qu'il connaît, le temps qu'il s'habitue à ma présence et au déclic de l'appareil.
Pour vous, habillez-vous dans des teintes naturelles qui dialoguent avec la robe sans la voler. Évitez les logos trop présents et les couleurs criardes. Une tenue dans laquelle vous vous sentez vous-même vaudra toujours mieux qu'un costume emprunté. Et si vous montez pendant la séance, prévoyez de quoi vous changer pour alterner les ambiances.
Le jour venu, ne cherchez pas à tout contrôler. Caressez-le, parlez-lui, oubliez-moi un instant. Je m'efface, je tourne autour de vous, j'attends. C'est dans ces moments où vous cessez de poser que naissent les images les plus justes, celles où l'on sent, sans rien expliquer, tout ce qui vous relie.